vingt-cinq juin zéro-quatre :.
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projections sur glaçon. virginie otth :
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Mehdi Aminian :
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david gagnebins-de bons : |
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Depuis un temps assez long, je garde quelques dizaines de tri-x non-développés que j'avais bobiné moi-même. Ce sont d'anciens films, d'avant l'appauvrissement en argent de la formule de Kodak. Ce sont les meilleurs des films. Ce sont des films lourds. Je les sors parfois de leur sac et je les regarde. Je pense que j'ai cessé d'attendre le moment où il me sera possible de voir les images.
A. nous disait une fois la stupéfaction liée à la découverte de milliers de tri-x non-traîtés dans l'appartement de Garry Winogrand après son décès en 1984. Je crois que c'est depuis lors que je n'ai plus eu envie de voir le contenu de ces films mais de les maintenir en latence, longuement, jusqu'à ma propre mort. Pour A., plus que pour Garry Winogrand.
Pour avoir la possibilité de croire que l'image parfaite s'y trouve. Pour le plaisir d'oublier complètement les sujets. Pour maintenir l'espoir que personne ne les verra jamais. Pour voir grandir le désir de laisser les autres jeter les bobines, les voiler. Pour la nostalgie qu'évoque toujours cette fascination du grain, du papier épais, de l'odeur du fixateur, de la profondeur des nuances de noir. La tendresse des gris, "la jouissance du regard".

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Un jour Marie est arrivée avec l'image de la fanfare. Elle a dit, je l'ai achetée pour toi, pour ta collection de vieilles images. Elle l'avait ramenée de Savoie, c'est-à-dire, de l'autre côté du lac et des montagnes. L'image immense dans ses bras, magnifique, transportée par les cols enneigés et le lac déchaîné, comme un trésor ou un message. Maintenant, je sais que c'est ensemble un trésor pour moi et un message pour notre histoire, une déclaration.
Ma première image de mort. De morts certains, de petit carnage historique au sens où il est impossible que cela me touche de quelque manière. Au siècle de l'image, en 2003, aucun centenaire ne subsistait autour de moi. Deux guerres, mille notes de musique.
Maintenant, je le sais. Je ne peux pas conserver la photographie. De mon lit d'où je la regarde, elle efface les visages de sa surface, elle ronge ses hommes jeunes, elle les tue une deuxième, une troisième ou une quatrième fois. Quarante hommes, c'est trop pour se souvenir jamais de leurs visages.

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"people" par eva lauterlein. : |
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