FR.: Actuellement la définition d’une image photographique se traduit en un nombre de pixels ou de dpi... La précision du médium se veut technique, je préfère l’apprécier d’un point de vue sémiologique. Ce travail des «petites définitions» utilise «la qualité moindre» des téléphones portables des premières générations en relation à la tradition du portrait en peinture. Les sujets sont «illuminés» avec un écran d’ordinateur, donc des moyens d’une nouvelle technologie pour un rendu d’image qui fait référence aux portraits de la renaissance par la posture des sujets et la lumière directionnelle. L’autre référence à la peinture se traduit par le pixel agrandi (et conservé carré) qui ressemble à une «touche» de peinture; indéfinissable de près, le sujet se recompose de loin. La perturbation du signal, le bruit de l’image (mauvais jpeg) diminue la lisibilité du sujet et renvoie au médium, c’est ce qui m’intéresse particulièrement. Cette technologie à destinées populaire nous donne une vision peu réaliste du monde par la dégradation due à la technologie rudimentaire de l’objet et paradoxalement, elle nous renvoie à une image du monde beaucoup plus abstraite que prévu. L’esthétique de cette mauvaise définition est pour moi une excellente opportunité de questionner le médium et notre relation au réalisme des images. Le téléphone portable est censé nous donner la possibilité d’enregistrer facilement les petites et la Grande Histoire(si par hasard on a été là), elle nous en donne en fait une vision dégradée. J’utilise son esthétique pictorialiste et le peu de précision des images pour sublimer mes sujets et combler le manque de définition par l’imagination et les références à l’histoire de la représentation. Ce travail est directement daté par une étape de la technologie qui devient déjà obsolète, en effet la nouvelle génération de portable est de bien meilleure qualité et les fichiers s’approchent de la qualité photographique des appareils amateurs, la définition du monde est donc bien meilleure, beaucoup plus réaliste et «le trouble du jpeg» disparaît presque complètement. Je conserve donc une trace d’une étape de cette technologie comme une relique: ce très beau»bruit» d’image qu’elle nous a proposé par défaut. 110 x 160 cm. Sous cadre noir en bois, vitre brillante.:.
EN.:Photographic images are defined today by their pixels. Although the medium seeks its definition from a technical basis, I prefer to work from a semiological perspective. This series, comprised of "small (‘low’) definitions", uses "low quality" images from first generation mobile phones in relation to the tradition of representation in painting.  The models and the stills (lives) are "illuminated" by the light a computer screen and make reference to portraits of the Renaissance period through the posture of the subjects and the strong directional lighting. The enlarged pixel, retained as a square of solid color, also resembles a "touch" of paint, and is inherent in this reference. “Unseeable” at close distances, the subject resolves from afar. The disruption of the signal, the image noise, and JPEG compression artifacts decrease the readability of the subject and refers directly to the medium. This is of particular interest to me, and is the basis of the work. This rudimentary high-technology, destined for mass production and consumption, presents a distorted vision of the world through this degradation and, paradoxically, refers to an image of the world much more abstract than expected. The aesthetics of this “bad” quality offers me an excellent opportunity to question the medium and our relationship to the realism of images. Though the camera-phone’s purpose is to give us the opportunity to easily record both the small instants and the great moments of history (if by chance we are there), it actually gives us an altered, or ‘other’ vision. I appreciate this pictorialist aesthetic, and I use it to sublimate my subjects, and the lack of definition is filled in by the imagination and by the references to the history of representation. This work is immediately dated by a ‘new’ technology which the market has already rendered obsolete The current generation of mobile phones - even at the low-end – is of much higher quality, the representation of the world is much more ‘accurate’, and unaffected by the severe JPEG compression of the first generation. This work conserves a trace of this stage of technology as a relic, of the beautiful noise which was the default..:.
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